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Publié : 14 novembre 2015
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« LA POÉSIE VOUS FAIT SIGNE »

Intervenantes :
-  Brigitte BAUMIE
-  Mathilde CHABBEY

Public :
-  16 élèves sourds et élèves entendants suivant l’option LSF de la seconde à la Terminale

1. Le matin :
L’exploration dans les livres
Atelier de lecture : plonger dans un livre, se laisser attraper par un texte (positif, négatif), sélectionner des passages. En choisir un.
(Les livres utilisés pour l’atelier de lecture ont été apportés par B. BAUMIE. Il s’agit de poésie contemporaine.
Les questions
Qu’est-ce que la poésie ? Ça sert à quoi ?
Peut-il y avoir des « gros mots » dans la poésie ?
Discussion autour de « La poésie invente la langue de demain »
La création
A partir de l’extrait choisi en première partie et sans entrer directement dans la « traduction » mais en s’inspirant du texte et de ces mots mis en reliefs, travailler une petite création poétique « brouillon » en LSF (ou gestuel).
Par groupe de deux : en s’inspirant des extraits choisis par chacun et des créations en LSF, construire une nouvelle création poétique « à quatre mains ».
La mise en commun
Présentation des réalisations de chaque groupe. Discussion sur les réalisations, les styles différents.
Reprendre les créations en changeant de style.

2. L’après-midi :
Travail de création poétique en français, toujours dans l’esprit d’aller-retour entre les deux langues. Toujours en binômes (mais en mélangeant élèves sourds et élèves entendants), chaque élève présente à son coéquipier sa création gestuelle qui devient base d’écriture poétique. Chaque élève va ensuite écrire son poème au tableau.
-  Intervention de Mathilde. Création en LSF. Présentation d’un de ses poèmes.
-  Lecture du poème de Pierre : élève de Terminale S
Questions libres et discussion finale.
Pierre : « J’écris pour me détendre, pour me libérer… »

Les intervenantes ont trouvé que les élèves avaient été intéressés et que certains étaient même très motivés. Ils ont fait preuve d’une bonne écoute et ils ont produit des créations très intéressantes.

Pour voir les montages réalisés par le service audiovisuel de l’ESPE (versions courte et longue)

https://webtv.univ-rouen.fr/permali...
https://webtv.univ-rouen.fr/permali...

L’expérience a été très intéressante. Elle a permis aux élèves de comprendre que traduire en LSF n’est pas une simple reprise des mots auxquels on associe des signes. La LSF est bien plus dans la mesure où elle propose des « images ». C’est une langue visuelle et c’est peut-être ce qui déroute le plus les jeunes, qu’ils soient sourds ou entendants. La présence de Mathilde CHABBEY a aussi permis de faire constater ce que la professeure de LSF répète, c’est-à-dire l’implication du corps et l’obligation d’utiliser les expressions du visage, la LSF comportant 5 paramètres obligatoires :

1. La configuration de la main, c’est-à-dire la forme de la main (il existe 50 configurations différentes en LSF)
2. L’orientation de la main
3. L’emplacement où se fait le signe
4. Le mouvement de la main
5. L’expression du visage

Par ailleurs, l’atelier d’écriture a parfaitement complété le travail fait en classe. Avec les élèves de 1ère du PASS, nous n’avions pas abordé la poésie contemporaine. De ce fait, ce fut une vraie découverte qui a questionné les élèves et leur a permis – pour certains – de lutter contre leurs préjugés ; de leur montrer aussi qu’écrire une poésie fait appel à des émotions, des sentiments, et pas seulement à une « perfection » de la langue. En effet, pour ce qui concerne les images en langue française écrite (métaphores, comparaisons, …), cela prend tout son sens dans la mesure où la poésie en LSF travaille essentiellement sur les représentations.

Enfin, un de nos élèves a pu manifester son goût pour l’écriture en lisant un de ses poèmes, lequel a réellement ému l’assemblée à cause, d’une part de l’implication personnelle du jeune dans son écriture mais aussi par la beauté du texte.